Non, le Seigneur n'a pas le bras trop court pour sauver, il n'a pas l'oreille trop dure pour entendre. Ce sont vos crimes qui ont creusé un abîme entre vous et votre Dieu. C'est à cause de vos péchés qu'il vous cache son visage et refuse de vous entendre. Car vos mains sont souillées par le sang, vos doigts, par le crime ; vos lèvres ont proféré le mensonge, votre langue rumine la fausseté. Nul n'intente un procès avec justice, nul ne plaide avec bonne foi.
On se confie au vide, on profère l'imposture, on conçoit le mal, on enfante le néant. Voilà pourquoi la justice reste loin de nous, pourquoi le salut ne nous atteint pas. Nous attendons la lumière, et ce sont les ténèbres ; la clarté, et nous marchons dans l'obscurité. Nous tâtonnons comme des aveugles le long d'un mur, comme des gens privés d'yeux.
En plein midi nous trébuchons comme au crépuscule ; avec toute notre vigueur nous sommes comme des morts. Nous grognons tous comme des ours, nous gémissons sans trêve comme des colombes. Nous attendons la justice, et rien ne vient ; le salut, et il reste loin de nous ! Car nous nous sommes souvent révoltés contre toi, nos péchés témoignent contre nous.
Oui, nous avons conscience de nos révoltes, et nous connaissons nos crimes : nous nous révoltons, nous renions le Seigneur, nous abandonnons notre Dieu ; nous proclamons la violence et le refus, nous concevons et ruminons dans notre cœur le mensonge.
La justice nous abandonne, le salut reste éloigné, car la vérité a trébuché sur la place, et la droiture est tenue à l'écart. La vérité a disparu ; ceux qui rompent avec le mal s'exposent à tout perdre.
Le Seigneur l'a vu, et ses yeux n'ont pas supporté qu'il n'y ait plus de justice.